Numéros sans frais et à frais supplémentaires au Canada : qui paie réellement
Quels préfixes sont réellement gratuits, ce qu’un numéro 900 peut vous facturer, pourquoi un numéro sans frais prouve peu de choses, et comment contester des frais.
Dernière révision : 2026-07-26. Rédigé pour les lecteurs du Canada.
Deux familles de numéros canadiens inversent la répartition habituelle du coût d’un appel. Les numéros sans frais transfèrent le coût à l’entreprise appelée. Les numéros à frais supplémentaires imposent un coût additionnel à l’appelant. Les deux sont largement mal compris, et l’un de ces malentendus est exploité couramment.
Les préfixes sans frais
Dans le Plan de numérotation nord-américain, le service sans frais utilise les préfixes 800, 833, 844, 855, 866, 877 et 888. Ils sont fonctionnellement identiques; les plus récents n’existent que parce que les plus anciens se sont remplis, de sorte que le 833 n’est pas moins légitime que le 800. Les numéros sans frais ne sont rattachés à aucun lieu : un même numéro 1-800 peut aboutir dans un centre d’appels à Halifax le lundi et à Manille le mardi, et c’est voulu.
Une subtilité pratique : les numéros sans frais peuvent être restreints selon la région d’origine. Un numéro annoncé par une entreprise américaine peut tout simplement ne pas aboutir depuis le Canada, et un numéro sans frais canadien peut être injoignable depuis l’étranger. C’est un choix de configuration de l’abonné, non une défaillance.
Pourquoi un numéro sans frais ne prouve à peu près rien
Le raisonnement que beaucoup appliquent — une vraie entreprise a payé pour ce numéro, donc c’est une vraie entreprise — ne tient plus. Les numéros sans frais sont peu coûteux, obtenables en quelques minutes et jetables. Ils sont aussi falsifiables : le numéro sans frais affiché sur votre appareil n’est pas nécessairement celui d’où provient l’appel, exactement comme pour n’importe quel autre affichage. Voyez l’usurpation de l’afficheur, STIR/SHAKEN et le blocage des appels.
Le bon usage d’un numéro sans frais est dans l’autre sens. Lorsqu’un appelant inattendu prétend être votre banque, votre fournisseur de télécommunications ou un ministère, raccrochez et composez le numéro sans frais imprimé sur votre carte, sur votre facture ou sur le site officiel de l’organisation. Sa valeur tient à ce que vous l’avez cherché, jamais à ce qu’on vous l’a montré.
Les frais supplémentaires : le 900
Les numéros de la plage 900 facturent à l’appelant des frais qui s’ajoutent au coût normal de l’appel et qui sont perçus par la facture de téléphone. Ils ont historiquement servi aux lignes de voyance, aux concours, aux services pour adultes et au soutien technique; le modèle a beaucoup décliné, mais la plage existe toujours et fonctionne toujours.
Le point essentiel pour le consommateur est que les frais aboutissent sur la facture de téléphone plutôt que sur un relevé de carte de crédit, ce qui les rend faciles à manquer et peu familiers à contester. Le service à frais supplémentaires est réglementé par le CRTC, et les obligations de divulgation des prix existent précisément parce que l’appelant est facturé pour autre chose que l’acheminement de l’appel. Si vous joignez un numéro 900 sans qu’on vous indique le coût, c’est en soi un signal d’alarme : mettez fin à l’appel.
Apparenté mais distinct : un numéro à tarif majoré international n’est pas un numéro 900 et n’est pas visé par les règles canadiennes sur les frais supplémentaires. Rappeler un appel manqué vers un indicatif +1 des Caraïbes est la voie habituelle vers ce type de frais, et cela est traité dans la fraude du coup de fil unique et les indicatifs des Caraïbes.
Bloquer l’exposition avant qu’elle survienne
Les fournisseurs canadiens peuvent bloquer les appels sortants vers les plages à frais supplémentaires, et séparément vers les destinations internationales. Les deux demandes sont généralement gratuites et méritent d’être faites pour toute ligne utilisée par des enfants, dans un ménage partagé, ou dans une petite entreprise où l’appareil est accessible aux visiteurs. Bloquer après des frais contestés, c’est fermer la porte trop tard; la demande ne coûte rien aujourd’hui.
Si des frais figurent sur votre facture
Soulevez la question auprès de votre fournisseur par écrit, désignez la ligne précise et la date, et payez le reste non contesté de la facture pour qu’aucun argument de suspension de service ne se pose. Demandez au fournisseur d’indiquer par écrit le numéro composé, la durée et la partie qui facture.
Si le fournisseur ne règle pas la situation, portez l’affaire à la Commission des plaintes relatives aux services de télécom-télévision. La CPRST traite sans frais pour le client les plaintes de facturation téléphonique et ses décisions lient les fournisseurs participants, dont les grands fournisseurs canadiens. Conservez chaque numéro de référence : on vous demandera ce que vous avez soulevé auprès du fournisseur, et quand.
Lorsque les frais découlent d’une tromperie plutôt que d’une erreur de facturation — un appel passé par un logiciel malveillant, un rappel provoqué par un faux message vocal, un service qui n’était pas ce qu’il prétendait — signalez-le également au Centre antifraude du Canada. Le litige de facturation et le signalement de fraude sont deux processus distincts et l’un ne remplace pas l’autre; notre guide sur le signalement d’une fraude au CAFC explique quels éléments réunir.
Aide-mémoire
| Plage | Qui paie | À retenir |
|---|---|---|
| 800, 833, 844, 855, 866, 877, 888 | L’entreprise appelée | Fiable seulement lorsque vous avez cherché le numéro vous-même |
| 900 | Vous, à l’appel ou à la minute | Les frais apparaissent sur la facture; demandez à votre fournisseur de bloquer la plage |
| Indicatifs +1 des Caraïbes | Vous, aux tarifs internationaux | Aucun préfixe 011 ne vous avertit; ne rappelez jamais un coup de fil unique |
| Indicatifs géographiques canadiens | Les frais d’appel normaux | Vérifiez l’attribution dans le répertoire des indicatifs |
Cette page explique des dispositions réglementaires publiées et ne constitue pas un avis juridique ni un conseil en facturation. Les tarifs sont fixés par chaque fournisseur et changent; confirmez les frais en vigueur auprès du vôtre.
Sources
- CRTC — Telecommunications regulation in Canada
- Commission for Complaints for Telecom-television Services (CCTS)
- Canadian Numbering Administrator (CNA)
- Canadian Anti-Fraud Centre
La réglementation évolue. En cas de divergence entre cette page et un organisme de réglementation, c’est ce dernier qui fait foi : les liens ci-dessus mènent au texte original.