Faux appels de l’ARC, de Service Canada ou de Revenu Québec : comment reconnaître le vrai organisme

Ce que l’ARC, Service Canada et Revenu Québec disent faire, et ne jamais faire, au téléphone; comment vérifier un appelant sans se fier à l’afficheur; et quoi faire si vous avez déjà payé ou donné des renseignements.

Rédaction : Andrew Pickett · Dernière révision : 2026-10-24 · Lignes directrices éditoriales. Rédigé pour les lecteurs du Canada.

Au bout du fil, quelqu’un se dit de l’Agence du revenu du Canada (ARC), de Service Canada ou de Revenu Québec. Il parle d’un mandat d’arrestation, d’un numéro d’assurance sociale (NAS) « compromis » ou d’impôts impayés, et il faut régler aujourd’hui. Le Centre antifraude du Canada (CAFC) décrit ce scénario à la page Extorsion : le fraudeur se fait passer pour un employé de l’ARC ou de Service Canada, menace de faire arrêter, condamner à une amende ou même expulser la personne si elle ne lui parle pas tout de suite, et réclame un paiement par une entreprise de transfert de fonds, une carte prépayée ou une carte-cadeau, ou en bitcoin.

Le CAFC classe ces appels dans l’extorsion, une catégorie qui compte 2 767 signalements et environ 23 M$ de pertes déclarées en 2025, selon sa liste des fraudes les plus courantes. La catégorie couvre aussi d’autres menaces : ce n’est donc pas un compte des faux appels du fisc. L’essentiel, c’est que les organismes imités ont publié des règles claires sur la façon dont ils vous joignent, et ces règles suffisent à trancher presque tous les cas.

Ce que l’ARC dit faire, et ce qu’elle dit ne jamais faire

La page « Reconnaître une arnaque » indique que l’ARC peut vous joindre par téléphone, par message téléphonique automatisé, par lettre ou par courriel. Lors d’un appel, elle peut demander des renseignements personnels pour vérifier votre identité, dont votre nom, votre date de naissance ou votre NAS, et vous demander de payer un montant dû selon ses modes de paiement. Les messages automatisés ne sont que des rappels de courtoisie et ne demandent pas de renseignements personnels.

Voici ce que l’ARC dit qu’elle ne fera pas :

Une conséquence passe souvent inaperçue. Comme la vraie ARC peut demander votre NAS pour confirmer qui vous êtes, « il m’a demandé mon NAS » ne prouve pas à lui seul qu’un appel est faux. Ce qui trahit le fraudeur, c’est la pression, la menace et le mode de paiement. Quelqu’un qui veut des cartes-cadeaux, du bitcoin ou un virement aujourd’hui vous a déjà dit qui il est.

L’ARC décrit aussi une version avec cryptomonnaie : un premier appelant, se disant de l’ARC, annonce un mandat d’arrestation de la GRC; un second, se faisant passer pour la GRC, demande de transférer de l’argent de votre compte vers un guichet automatique Bitcoin ou une plateforme de cryptomonnaie. Son conseil, si l’appelant réclame de l’argent : raccrochez.

L’afficheur ne prouve rien

L’ARC prévient que les fraudeurs peuvent recourir à la mystification d’un numéro local, ou du numéro officiel d’organismes d’application de la loi ou de l’ARC. Le CAFC dit la même chose dans ses conseils de prévention, et la Sûreté du Québec écrit : « Ne supposez JAMAIS que le numéro de téléphone sur votre afficheur est exact. » Un numéro d’apparence officielle n’est donc pas une preuve. Voir l’usurpation de l’afficheur et STIR/SHAKEN.

Comment vérifier un appel sans se fier à l’appelant

  1. Ne donnez rien. Demandez le nom de l’appelant, son bureau et un numéro pour le rappeler. Un vrai employé de l’ARC se nomme et vous donne un numéro de rappel. L’ARC précise de ne jamais composer un numéro qu’on vous a donné, à moins de l’avoir vérifié soi-même auprès d’elle.
  2. Mettez fin à l’appel, puis vérifiez le numéro avec l’outil de vérification de l’ARC: on y entre « 1 » suivi du numéro à 10 chiffres. L’outil ne comprend pas les numéros de ligne directe des employés : un numéro introuvable veut dire « appelez l’ARC », pas « faux à coup sûr ».
  3. Appelez l’ARC vous-même. Sa page Coordonnées donne le 1-800-959-8281 pour les particuliers et le 1-800-959-5525 pour les entreprises, du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h (heure de l’Est). Ces lignes peuvent offrir un rappel; l’ARC dit alors vous donner un numéro de confirmation aléatoire à quatre chiffres, que l’agent répète lorsqu’il vous rappelle.
  4. Consultez votre dossier en ligne. L’ARC recommande, en cas de doute, de vérifier Mon dossier ou d’appeler, plutôt que de payer sur-le-champ.

Service Canada et l’appel sur un NAS « bloqué »

Service Canada dit, sur sa page sur la fraude, qu’il ne vous demandera pas de fournir des renseignements personnels par téléphone, par message texte ou par courriel. Si quelqu’un dit travailler pour Service Canada, communiquez vous-même avec le programme concerné au 1 800 O-Canada (1-800-622-6232), ou à l’ATS au 1-800-926-9105; un agent vérifiera aussi si la personne figure sur la liste des enquêteurs de Service Canada. Service Canada laisse parfois des messages vocaux pour qu’on le rappelle, mais précise que tous les messages téléphoniques se réclamant de lui ne sont pas authentiques.

Sur son site, le gouvernement demande de ne pas répondre aux communications qui réclament un NAS, un numéro de carte de crédit ou de compte bancaire, souvent sous prétexte d’un remboursement ou d’une prestation.

À Revenu Québec

Revenu Québec écrit qu’il ne vous avise jamais par courriel ni par texto qu’un paiement vous a été versé, qu’un remboursement vous est dû ou qu’il n’a pas reçu votre déclaration de revenus. Il ne demande jamais par courriel ni par texto votre NAS, vos renseignements bancaires, un mot de passe ou un code confidentiel, et il ne laisse jamais de message téléphonique contenant des renseignements confidentiels.

Il téléphone toutefois dans un cas : lorsque vous avez un dossier de recouvrement en cours. Si l’on vous a laissé un message pour vous demander de rappeler, vous pouvez le faire en toute sécurité aux numéros que Revenu Québec publie sur sa page de vérification (1 866 242-4482, 1 866 832-6816, 1 877 422-7935, 1 877 422-7924 ou 1 888 890-4042). On peut aussi vous appeler du 1 888 830-7747. Si personne n’a laissé de message, vous n’avez pas à rappeler.

Devant un message douteux, ses quatre réflexes sont de ne cliquer sur aucun hyperlien, de ne pas ouvrir de pièce jointe, de ne pas répondre et de ne pas composer un numéro dont vous ne pouvez pas vérifier l’authenticité. Pour signaler une tentative d’hameçonnage, appelez au 418 659-6299 (Québec), au 514 864-6299 (Montréal) ou au 1 800 267-6299 (sans frais au Québec), du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 16 h 30; le soir et la fin de semaine, c’est le 1 855 654-7693.

Si vous avez déjà payé ou donné des renseignements

  1. Votre institution financière d’abord, celle qui a transféré l’argent. Le CAFC place cette étape en premier, après la collecte de vos documents.
  2. La police de votre localité, en demandant un numéro de dossier. Composez le 9-1-1 en cas de danger immédiat.
  3. Le CAFC, en ligne à signalercyberetfraud.canada.ca ou au 1-888-495-8501 (du lundi au vendredi, de 10 h à 16 h 45, heure de l’Est). Signalez aussi les tentatives. Voir signaler une fraude au Centre antifraude du Canada.
  4. L’ARC, si vous avez donné vos identifiants de connexion ou vos renseignements bancaires, ou si vous constatez des changements non demandés dans votre dossier : 1-833-995-2336 pour les particuliers, du lundi au vendredi, de 8 h à 16 h (heure locale). L’ARC dit pouvoir ajouter des protections à votre compte pendant l’appel.
  5. Service Canada, au 1-866-274-6627, si vous croyez que quelqu’un utilise votre NAS. Emploi et Développement social Canada recommande un rapport de police, un signalement au CAFC et une alerte à la fraude auprès des deux agences d’évaluation du crédit, Equifax et TransUnion. Un nouveau NAS n’est pas recommandé.
  6. Le gel de votre dossier de crédit. Selon la Commission d’accès à l’information du Québec, on peut le demander sans frais chez Equifax et chez TransUnion depuis 2023.

Méfiez-vous d’une seconde approche. Le CAFC avertit que les fraudeurs ciblent souvent les victimes une deuxième fois en offrant de récupérer l’argent.

Réponses courtes

L’ARC me téléphone-t-elle vraiment?

Oui. Elle appelle notamment pour signaler qu’une déclaration ou une inscription à la TPS/TVH est en cours d’examen, pour annoncer un avis de cotisation ou une vérification, ou pour demander de payer un montant dû. Elle envoie aussi des rappels automatisés. Elle ne menace pas d’arrestation et ne demande pas de cartes-cadeaux, de cryptomonnaie ni de virements.

L’appelant connaissait mon adresse. Est-ce une preuve?

Non. Connaître votre adresse ne rend pas un appel officiel. L’ARC demande de ne pas se fier au numéro affiché, et cela vaut aussi pour ce que dit l’appelant : raccrochez et utilisez un numéro que vous avez trouvé vous-même.

Je ne sais pas si je dois de l’impôt. Que faire?

Consultez votre dossier en ligne ou appelez l’ARC (ou Revenu Québec, pour l’impôt provincial) aux numéros ci-dessus avant de payer quoi que ce soit.

Cette page résume des consignes publiées par les organismes cités, vérifiées le 24 octobre 2026. Elle ne constitue pas un avis juridique. Les numéros et les heures changent : confirmez-les sur la page de l’organisme.

Sources

La réglementation évolue. En cas de divergence entre cette page et un organisme de réglementation, c’est ce dernier qui fait foi : les liens ci-dessus mènent au texte original.